Le GEM
Ferrures et problèmes orthopédiques...
Ferrure du cheval de reining

Claude LORTIE, Maréchal-ferrant
579, Côte Jeanne, Saint-Lin (Québec) - CANADA J0R 1C0


Le genre de discipline que le cheval exerce importe peu. Le but du maréchal-ferrant consiste à aider le cheval à atteindre un niveau de confort élevé possible lorsqu'il a à accomplir différent exercice.
Le ferrage de dressage western (reining) ne fait pas exception à la règle. Bien sûr il y aura toujours des idées différentes qui sont expérimentées dans le but d'atteindre une performance supérieure, mais qui malheureusement s'éloignent d'une ferrure saine pour le cheval.
L'entraînement d'un cheval de reining commence à un très jeune âge avec beaucoup d'exigence physique. Dès l'âge de deux ans, le cheval commence à être débourré, il n'aura donc pas besoin de fer pour environ les deux à trois premiers mois, simplement pour éviter les risques de blessures inutiles. Lorsque celui-ci devient plus équilibré, on lui applique des petits fers à étampures au postérieur seulement avec de l'acier plat de 20 mm x 6 mm, simplement pour l'encourager à bloquer ses postérieurs lors des arrêts. On lui laisse ses petits fers pour environ trois à quatre mois le temps de comprendre les manœuvres. Par la suite les pieds antérieurs seront ferrés avec des fers légers, plats de 20 mm x 6 mm ou avec rainure dans du 20 mm x 8 mm.


Aux États-Unis, on se sert beaucoup de fer à planche en aluminium pour des raisons de performance semble-t-il, et non nécessairement pour des raisons de protection pour les pieds. Ces fers sont souvent modifiés avec une pince très carrée. À long terme la qualité du pied en est grandement diminuée puisque la paroi est râpée jusqu'aux fers. Le mouvement des membres antérieurs doit se dégager pour que le cheval soit dans une position d'équilibre qui lui évitera de se blesser, de trébucher ou de se déferrer lors des arrêts en glissade.
Un bon support des fers est important sans pour autant exagérer la longueur et la garniture compte tenu du fait que la fréquence des ferrages est d'environ cinq semaines. La friction des fers postérieurs est telle que prolonger la ferrure peut risquer une usure exagérée des têtes de clous, surtout du côté de la branche interne, puisque le cheval force son appui du côté médial à fin de retenir ses membres postérieurs en ligne droite lors des arrêts en glissade.
À mesure que le cheval avance dans son entraînement les fers postérieurs pourront être élargis dépendamment de la grosseur du pied. On pourra choisir entre du 25 mm x 6 mm ou du 30 mm x 6 mm.
À partir de ce moment, le choix des “plates” peut varier selon les points faibles du cheval. Un bon entraîneur d'expérience peut guider le maréchal à prendre une décision et ainsi aider à remédier certains problèmes. Le cavalier joue un très grand rôle dans la performance du cheval de reining. Bien sûr la surface du sol peut avoir un impact direct sur la qualité des arrêts en glissade.

Il existe différentes sorte de “plates” manufacturés sur le marché, ceux dont les étampures sont déjà en place et ceux sans étampures. L'inconvénient des “plates” déjà étampés est l'emplacement de celles-ci souvent trop en talon quand on tient compte du fait que la “plates” doit être prolongée jusqu'au glômes pour protéger celle-ci lors des arrêts et apporter le support nécessaire.
Si par contre on désire les forger nous-même à partir d'un lopin de 25 mm ou 30 mm x 6 mm: Une méthode facile et assez juste consiste à mesurer le pied paré en longueur de la pince aux glomes et multiplier par deux, pour connaître la longueur de l'acier.


Six étampures sont normalement suffisantes puisqu'il n'y a aucune traction et que les pieds sont généralement très petits. L'excès de longueur des “plates” non nécessaire peut nuire lorsqu'on commande au cheval de reculer après les arrêts. Premièrement, les éponges peuvent être accrochées dans le sol et se replier sur elle-même surtout quand les “plates” deviennent plus minces. Deuxièmement, avoir un effet de levier pour enfoncer la pince dans le sol prématurément. Il sera difficile pour le cheval de bloquer ses postérieurs sous lui et effectuer une belle glissade équilibrée.

Une technique utilisée pour inciter les pieds postérieurs à poser à plat consiste à avancer les “plates” au-delà de la pince. Les relevés de pince ne sont plus autant utilisés que par le passé, puisqu'ils ont tendance à créer une accumulation de terre sous la pince et à empêcher les pieds d'atteindre la surface dure. Le relevé de pince est cependant très pratique lorsqu'on a un cheval très fort qui abîme la pince prématurément.

Fig. 1
Forme de la bande coronaire correspond à la forme de la ligne blanche.
Fig. 2

Direction de la plate de reining
de la face inférieure.
Fig. 3

Emplacement de la plate de reining d'une vue latérale.
Un problème, qui peut quelques fois être difficile à régler, est le cheval dont les membres postérieurs s'éloignent entre eux dans les glissades. Il peut y avoir autant de cause à ce problème que d'idée pour le résoudre. Une des raisons fréquentes est la conformation du cheval. Un bon entraîneur sera en mesure de nous dire si les changements améliorent la situation.
Les techniques qu'on peut utiliser sont d'augmenter la garniture en pince-mamelle interne pour donner un effet de stabilité. L'emplacement des étampures devra donc être modifié, soit plus à gras en interne et à maigre en externe. Bien sûr l'évasement de la paroi externe devra être supprimé. On peut aussi forger la branche latérale plus étroite. Tout l'excès de garniture dû à la correction jugée dangereuse peut être protégé avec différent produit acrylique.
La couverture de la "plates” peut aussi causer des problèmes d'adhérence. Dans les cercles, le cheval changera de pied constamment par peur de déraper, dans tel cas la couverture des branches devra être diminuée.
Nous devons comprendre que le cheval a différentes figures à effectuer dans un patron et que l'ensemble de toutes ses manœuvres sera jugé selon son style qui lui est propre.



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