Le GEM
Ferrures et problèmes orthopédiques...
La ferrure du trotteur

René AEBISCHER, Médecin-vétérinaire
Cp 53, CH-1806 St-Légier - SUISSE


Le trot est une discipline dans laquelle la ferrure joue un rôle essentiel. Si cela est vrai pour tous les usages du cheval, pour celui du trotteur c'est tout simplement primordial.

L'inventaire des genres de ferrures connues chez le trotteur est très vaste. Et parler de chacune d'entre elles nécessiterait individuellement plus de temps que nous n'en disposons aujourd'hui. Dès lors parler de tous les genres dans le laps de temps imparti est une gageure. Seules l'estime et l'amitié que je porte aux maréchaux qui travaillent avec notre clinique depuis 20 ans sont la raison pour laquelle nous avons répondu favorablement à l'invitation de ce jour. Nous allons tenter d'aborder ensemble quelques grands principes de cet art qu'est la maréchalerie du trotteur en évitant de tomber dans la facilité des recettes de cuisine.

Contrairement à ce que l'on a trop souvent dit, le trot n'est pas une allure artificielle. Tout cheval sait trotter en naissant. Il pratique cette allure avant même de savoir reculer, sauter, piaffer, tirer. Seule la vitesse de la compétition pousse l'exercice à la limite du possible, c'est-à-dire à la limite de l'équilibre. Equilibre, le maître mot est lâché. Or le trot est l'expression même de l'équilibre locomoteur du cheval.

Lorsque l'on veut examiner la qualité de la motricité d'un cheval de quelque discipline que ce soit, c'est au trot qu'on l'examine. Lorsque l'on veut apprendre à un jeune cheval de passer du trot au galop, c'est en le déséquilibrant qu'on y parvient.

Tout l'art du trotteur est lié à la maîtrise de son équilibre. Dans l'exercice de son métier, un certain nombre de paramètres tendent à rompre cet équilibre.

Par définition le trot est l'allure à laquelle le cheval déplace deux membres diagonaux en même temps en conséquence les deux membres du même latéral se retrouvent dans un mouvement les amenant à se rapprocher l'un de l'autre jusqu'à se frôler voir se toucher. Ces situations critiques s'appellent des interférences et sont une des causes de la perte de l'équilibre tant recherché.

En essayant d'analyser et de comprendre les causes de ces interférences entre un antérieur et un postérieur du même latéral ou entre deux antérieurs, il est parfois possible de modifier les causes de la perte de cet équilibre. Ces causes sont à rechercher soit dans la morphologie du cheval, dans la qualité de ses aplombs, dans l'amplitude de ses engagements, dans le siège d'une douleur orthopédique ou dans la géométrie de la piste de courses, du fait qu'elles sont toutes constituées de deux segments rectilignes reliés par deux tournants, et ceci n'est pas la moins grande des complications.

Nous allons tenter de parcourir quelques-uns uns de ces paramètres et certains moyens de les maîtriser par la maréchalerie.

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